8.26.2010

Les jolies choses

Les jolies choses de Virginie Despentes.

Ce n'est pas la première fois que je croise Virgnie Despentes. J'ai lu le sulfureux Baise Moi et Teen Spirit.
Ce roman c'est du Vrignie Despentes, du trash, du glauque mais du trash facile à lire au final. Un roman lu en une journée d'attente à Ljubljana. Il reste surprenant et malgré tout agréable à lire. Comme d'habitude Virginie Despentes ne se prive pas de détails. Elle explore la vie de gens un peu paumés et elle le fait bien finalement. Juste que parfois ça tourne un peu trop au cliché, un peu trop dans la surenchère. 
Ce récit est malgré tout bien ficelé, comment prendre l'identité d'une autre, se perdre soi même, tomber, tomber, tout perdre et relever la tête au dernier moment. Ne plus jamais être soi et accepter de changer, c'est peut-être ça finalement la morale. Mouais. Ne pas chercher de moral dans les Virginie Despentes. J'avoue que juste après avoir lu Lolita, Les Jolies Choses m'a paru bien fade.


Me reste qu'à voir l'adaptation en film avec marion cotillard.

Lo-Li-Ta

Pendant 3 semaines, j'ai lu. J'ai lu 3 livres alors à défaut d'avoir les mots pour vous parler de voyage, je vais parler de livres, ça au moins je sais faire.

J'ai lu Lolita de Nabokov.
1. Parce que dans le genre ultra classique, c'en est un qu'il faut lire.
2. Parce que ça faisait longtemps que je voulais le lire (mais j'ai bien fait d'attendre d'être un peu sorti de l'adolescence pour le lire ...).
3. J'ai lu ça.
Trois bonnes raisons. Bam je l'ai embarqué dans ma valise.

Que dire de ce roman écrit en anglais par un russe ? L'histoire en elle même est immorale, malsaine au possible, glauque, sordide, l'histoire d'un homme qui tombe amoureux d'une fillette, une nymphette, mais le récit est envoutant. Une fois dedans j'ai eu du mal à m'en décrocher, à m'en défaire, comme une curiosité malsaine à vouloir savoir, savoir ce qui allait se passer, savoir à quelle sauce il allait la manger. C'est le récit d'un homme qui court à sa perte, qui s'enfonce dans cet amour - car oui il est éperdument, follement amoureux de Dolores, de sa Lolita - qui va loin, trop loin. C'est une plongée dans sa conscience, dans ce qu'il y a de plus intime chez un homme, ses ressentis, ses sentiments, son excitation. C'est décrit, raconté, écrit d'une façon si juste, on vit dans la tête de cet homme. C'est peut-être pour cela que ce récit est si envoutant, qu'on ne peut pas le lâcher, parce que Nabokov réussit là ou tant d'autres ont échoué, il décrit avec perfection ce qu'il peut se passer dans la tête d'un homme, on y croit, on y croit terriblement. C'est ça le plus monstrueux au final. Nabokov réussit à nous convaincre qu'on est vraiment dans la tête d'un homme, alors on ne peut trouver que cette histoire abjecte, affreuse, détestable, on ne peut que haïr Humbert Humbert et plaindre Lolita. 
Mes sentiments sont partagés entre la prouesse de l'écrivain de nous faire pénétrer aussi profondément dans l'âme humaine et le récit en lui même si abjecte. Pourquoi diable Nabokov a-t-il mis ses talents, ce talent inouï de rentrer dans la conscience de l'homme au service d'une histoire aussi répugnante ? Ca n'aurait pas été si bon me répondrez-vous. 
Ca n'aurait pas eu cette force et ce succès. C'est assez drôle de voir d'ailleurs que l'humain bien avant les secret story et autre télé-réalité aime connaître les choses abjectes, l'humain voue une passion secrète pour les comportements anti-sociaux. Ca explique peut-être le succès des séries télévisées américaines qui mettent en scène des pédophiles, des serial killers etc. Je peux le dire ici, ce récit m'a souvent dégouté, répugné mais je me suis découvert aussi une réelle envie de savoir ce qui allait se passer, de connaître ce qu'il allait lui faire subir. Nabokov a bien réussi son coup au final. Plonger au plus profond de la nature humaine, autant celle de son personnage principal que de ses lecteurs. 
Bref, récit troublant, envoutant. A lire au moins une fois.


La couverture est à chier par contre.

"Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.


Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita."

8.25.2010

Allez je me lance. C'est pas comme si je n'avais pas écrit ici depuis 3 semaines. Est ce que ça m'a manqué ? Pour ainsi dire non. Je suis contente, ça veut dire que je ne suis pas accro. Je ne sais pas si j'ai envie de raconter quelque chose ici à propos de ce voyage. J'ai plus de 1300 photos, autant dire que ça me parait compliqué de résumer ça en quelques lignes, surtout que dans certains cas les mots ne sont pas assez forts. Je suis rentrée hier et depuis j'ai l'impression d'avoir une énorme gueule de bois. Une grosse grosse gueule de bois, à se demander si vraiment on a voyagé, si vraiment pendant 3 semaines on a pris tout ses trains, vu tous ses trucs, si vraiment on a foulé le sol hongrois, allemand et j'en passe. Il me reste les photos pour me prouver que c'était bien vrai, puis quelques souvenirs ramenés, des pin's, des tee-shirts, des magnets débiles offerts à maman. Je me sens dans un entre deux bizarre, je suis vraiment contente d'être revenue, à la fin du séjour mon petit confort me manquait, mais d'un autre coté, je suis comme perdue ici, je ne sais pas quoi faire, je n'ai pas spécialement envie de voir des gens, pas tout à fait envie de reprendre ma vie de jeune femme de 21 ans tout de suite. Je me situe dans un espace entre les deux, alors aujourd'hui, je suis restée chez moi à ne rien faire, mettre les photos sur facebook et regarder des bêtises à la télé. Un espace de transition, avant d'affronter de nouveau le dehors, ce dehors que je connais si bien. 

On va essayer de se limiter à 4 photos par ville. Ouais 4 photos c'est pas mal. Je les mets ici comme ça, en vrac. Peut-être que dans quelques temps j'aurais envie d'en dire plus.

Berlin






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Prague






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Budapest





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Ljubljana





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Pula





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Venise







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Munich












8.01.2010

Il y a un an, nous sommes allés boire un verra au Loca-Loca et une idée folle nous est venu: si on faisait le tour de l'Europe ?
"Ouais on pourrait passer par là, et faire ça aussi, puis ça ..." .
C'était parti. On s'est un peu pris la tête parfois, on n'était pas toujours d'accord sur tout. Mais on était motivé. Nous y voilà. A quelques jours du départ, je m'en rends pas vraiment compte. Mon sac est prêt, j'ai peur d'oublier quelque chose.C'est bizarre mais tout d'un coup ce voyage, je ne veux plus en entendre parler. Je ne veux plus y penser. Je veux juste partir.

Primo Levi - Si c'est un homme

Ce récit est un petit bijou. Bien plus qu'un récit larmoyant. D'ailleurs ce n'est pas un récit larmoyant et ça, ça fait du bien. Je n'aime pas les histoires sur la guerre 39-45 qui nous rappelle 15 fois que les juifs ont souffert. Oui, on le sait, aussi affreuse et monstrueuse soient la Shoah, je trouve qu'on en fait un peu trop ces derniers temps. D'ailleurs je trouve également que Israël s'en sert un peu trop pour se poser sans cesse en victime, mais ça c'est un autre sujet.

Ce récit c'est de l'état brut, écrit en 1946 lors de ces nuits d'insomnie, juste après la sortie des camps. Il ne se pose pas en victime, il décrit et raconte c'est tout. Il raconte comment, par quel système, quels moyens on peut réduire un homme à néant, à moins que rien, même pas un animal. La destruction de l'homme à l'état pur. La distinction entre les prisonniers du camp ou comment considérer certains hommes plus que d'autres.

C'est assez intrigant de voir comment l'humain réagit dans ces états extrêmes. C'est très instructif parce qu'on en vient à la nature même de l'homme, à ce qu'il a de plus profond. La conclusion est que l'homme est un loup pour l'homme. Oui je sais je n'invente rien. Ce cher Hobbes avait bougrement raison. Même dans les camps où on pourrait penser que finalement tout le monde est dans la même merde et qu'il y a une certaine solidarité. Nada. Les vols sont plus que courants et ils échangent entre eux, il existe une sorte de monnaie et chaque homme essaie d'entuber l'autre. Et si les capitalistes avaient raison hein ? Les lois du capitalisme nous disent que l'homme cherche toujours à avoir mieux que l'autre ... 
Ce livre m'a beaucoup fait réfléchir en tout cas.